Désormais bien documenté, le changement climatique a un impact sur nos exploitations, et en particulier sur la vigne.
On parlera de changement climatique et non de réchauffement climatique, car les intempéries extrêmes sont aussi dommageables pour la vigne que la sécheresse et la hausse des températures. Alors quel avenir pour la vigne française? Voyons cela ensemble.
Quels sont les besoins d'une vigne Le climat méditerranéen ou climat aux influences méditerranéennes, l'un des plus propices à la vigne
L'eau a à voir avec les nuances
Une chronologie modifiée
La sécheresse des sols, un ennemi
Temps plus fréquent et violent
Un changement dans le goût des vins.
Les agents pathogènes seraient plus fréquents
Une agriculture raisonnée
De nouveaux cépages?
Quels sont les besoins d'une vigne?
Le climat méditerranéen ou climat aux influences méditerranéennes, l'un des plus propices à la vigne
Les étés chauds et les hivers rigoureux sont propices à la culture de la vigne. Les hivers froids permettent d'assainir le vignoble, tandis que les étés ensoleillés satisfont les besoins solaires de la vigne.
En matière d'équilibre, et la vigne peut parfois pousser en hauteur, l'importance des microclimats ne doit pas être sous-estimée.
Dans la Vallée du Rhône, le mistral contribue à limiter l'humidité et à assécher les sols. Le célèbre Châteauneuf-du-Pape, cultivé notamment au Domaine André Brunel, bénéficie de ce climat.
L'eau a à voir avec les nuances
La vigne n'est pas la culture la plus touchée par la sécheresse, mais elle a tout de même des besoins élémentaires en eau. Attention, les pluies et l'humidité les plus intenses favorisent la prolifération des champignons, qui peuvent mettre en danger la vigne.
Quelles conséquences le changement climatique a-t-il sur la vigne?
Une fois que l'on a répété les besoins fondamentaux de la vigne, on voit facilement quels problèmes pose le changement climatique.
En effet, une augmentation de 2°C de la température globale entraînerait la disparition de 50% du vignoble et près de 85% pour une augmentation de 4°C. Cela ne veut pas dire que le vignoble français est voué à disparaître. Tout est une question d'adaptation.
Une chronologie modifiée
L'augmentation des températures amène avec elle une floraison précoce de la vigne. Cela peut devenir problématique dès que la saison des gelées n'est pas terminée. De cette façon, la floraison a parfois lieu avant la fin des gelées. La vigne est alors difficile à récupérer.
De plus, la récolte se fait avant. Cette avance de la date de récolte pourrait être causée par des étés plus chauds. La chaleur accélère la maturation des raisins qui doivent être récoltés plus tôt.
Si la précocité des vendanges a longtemps été synonyme de vin de grande qualité, le changement climatique brouille ces indicateurs. Ils sont désormais synonymes d'étés chauds et secs et ne sont plus un gage de qualité des vins.
La sécheresse des sols, un ennemi
Des sécheresses plus fréquentes ou plus sévères affecteront également la culture de la vigne. Lorsque le sol est sec, la vigne doit s'y acclimater, ce qui se fait souvent au détriment de la quantité de raisins produits.
Outre la sécheresse, le raisin est également sensible aux températures très élevées. Une température prolongée de 38° entraîne des conséquences irréversibles sur la vigne.
Temps plus fréquent et violent
Les catastrophes naturelles sont une autre conséquence du réchauffement climatique. Grêle, orages, pluies torrentielles sont des manifestations météorologiques qui peuvent mettre en danger un vignoble. Les orages de grêle peuvent être dévastateurs. Ils peuvent détruire presque une vigne entière, en effaçant les feuilles et en affaiblissant les troncs.
Un changement dans le goût des vins.
L'augmentation des températures entraîne également une modification du titre alcoométrique des vins. Alors que l'acidité des vins devrait diminuer, la teneur en alcool devrait augmenter. Le climat plus chaud rendra les raisins plus sucrés, ce qui est décisif pour le titre alcoométrique du vin.
Les agents pathogènes seraient plus fréquents
Une autre conséquence du changement climatique sur la vigne serait le développement d'agents pathogènes. En plus des champignons qui apparaissent avec l'humidité, les insectes seraient également plus nombreux. Cependant, certains insectes transmettent des maladies. Les températures élevées ont favorisé la prolifération de ces insectes.
Des solutions, oui, mais lesquelles?
Le changement climatique affecte nécessairement la vigne. Cependant, des solutions peuvent être mises en place pour limiter ses effets. Des scientifiques d'INRAE (Institut National de la Recherche Agroalimentaire et Environnementale) proposent des solutions pour contenir les effets du réchauffement climatique.
Une agriculture raisonnée
De nombreux viticulteurs mettent en place des techniques agricoles durables, voire éco-agricoles. La végétalisation des parcelles en est un exemple.
Il a l'avantage de réduire les effets de la sécheresse, en préservant la fraîcheur, mais aussi de faciliter l'infiltration de l'eau et de limiter le ruissellement. Une meilleure gestion des sols et de l'eau est indispensable et déjà mise en place par certains viticulteurs.